L’aromathérapie

aromatherapie

Aromathérapie vient du grec aroma, « odeur » et thérapia, « soins ». Il s’agit donc de soigner avec des principes odoriférants, en l’occurrence ici, les huiles essentielles. Bien que l’aromathérapie fasse partie intégrante de la phytothérapie (qui est le soin par les plantes, donc qui englobe de nombreuses techniques).

 

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

L’huile essentielle est une substance volatile, liquide ou semi-liquide, composé de molécules aromatiques secrétées par certaines plantes ou arbres. Bon, comme toutes les huiles, elle n’est pas soluble dans l’eau, mais ce n’est pas réellement un corps gras non plus.

Le fait que l’huile essentielle soit volatile, cela lui confère un parfum très odorant (l’odeur vole justement jusqu’à votre nez).  Plus l’huile sera volatile, plus elle sera forte en odeur.

On appelle parfois, l’huile essentielle « essence », « huile éthérée », « essences aromatiques ».

Au XVIèe siècle, le célèbre alchimiste Paracelse parlait de « quintessence de la plante », soit la plus pure et la plus subtile.  D’ailleurs, si l’on cherche dans le Larousse, on trouve que quintessence signifie « Ce qu’il y a de meilleur ». C’est dommage car peu de plantes peuvent nous fournir cette quintessence, car toutes ne possèdent pas d’huile essentielle ou pas suffisamment…

 

Bien identifier la plante avant l’extraction :

Trois critères à prendre en compte avant de jouer les chimistes, pour être sûr que la plante contient bien des huiles essentielles, quelle partie distillée et savoir la composition enfonction du lieu de croissance :

  1. L’espèce botanique : Elle est définie par le genre (par exemple : Salvia è Nom latin de la sauge) et par l’épithète qualificatif (ex : officinalis). Cela nous donne donc la plante sur laquelle on peut se renseigner : Salvia officinalis. Par exemple Salvia sclarea sont deux sauges différentes qui même par leur genre commun peuvent posséder une composition plus ou moins différente.
  2. L’organe producteur : Il est important de s’informer sur la partie du végétal qui produit cette huile essentielle, cela peut-être la racine, la tige, les feuilles, les fleurs ou le tout en même temps. Certaines parties peuvent posséder des concentrations en huile essentielle plus ou moins élevées, voir pas d’huiles essentielles.
  3. La spécificité biochimique : La différence de composition peut s’expliquer par la nature du sol (présence ou absence de certains éléments dans le sol), la région où la plante est récoltée (le climat), l’altitude, etc… Par exemple, le romarin, selon la région où il pousse, possède des propriétés spécifiques à la celle-ci :

 

  • Le rosmarinus camphoriferum : Il pousse dans le sud de la France, où le sol est riche en camphre.
  • Le rosmarinus officinalis cineoliferum : Il pousse là où le sol est riche en cinéole.
  • Et enfin le rosmarinus officinalis verbenoniferum : Il pousse en sol riche en verbénone.

 

Mode d’extraction :

Il faut obtenir une huile pure (sans résidus et le plus proche de sa composition biochimique de base), donc il existe un ensemble de processus strict. L’obtention de l’huile essentielle, la plupart du temps, c’est un peu comme pour l’alcool : Elle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau de tout ou partie du végétal.

Il existe 3 méthodes d’extraction :

  • L’enfleurage (ou obtention par les corps gras),
  • L’extraction mécanique (ou extraction par pression à froid),
  • La distillation par la vapeur d’eau.

L’enfleurage :

Cette méthode très ancienne est surtout utilisée pour l’obtention d’une huile essentielle à partir de matière végétale délicate, comme par exemple des pétales de roses ou les fleurs de millepertuis, de jasmin, etc…

Elle consiste à incorporer la matière végétale choisie (pétales, feuilles fraîches, fleurs) dans un corps gras comme du saindoux ou de l’huile végétale, et à l’exposer au soleil pendant une quinzaine de jours. L’huile essentielle va alors se diffuser dans le corps gras.

On peut récupérer ensuite l’huile essentielle en utilisant un solvant organique qui dissout le corps gras. Dans le film le parfum de Patrick Süskind, Grenouille utilise cette technique pour réussir à obtenir le parfum des corps humains.

L’extraction mécanique à froid ou expression :

Utilisée surtout en Italie, elle concerne exclusivement les agrumes (orange, pamplemousse et citron). Pour obtenir l’huile essentielle, il suffit de presser le zeste de l’un de ces agrumes sous un filet d’eau continu puis de séparer l’huile de l’eau en utilisant un décanteur ou une centrifugeuse. Cette méthode est utilisée en raison de la grande fragilité des huiles essentielles obtenues.

 

La distillation par la vapeur d‘eau :

Cette méthode est utilisée depuis des siècles et bien que tout le monde n’émette pas le même avis quant à l’origine de l’alambic (oui, oui comme je dis comme pour l’alcool, et c’est indispensable d’en avoir un), il est au moins connu depuis le Moyen-âge. Certains affirment que l’alambic est plus ancien que le Moyen et viendrait des Arabes ou des Egyptiens.

Cette méthode d’extraction est le seul procédé compatible avec un usage thérapeutique (en raison de sa grande pureté).

Pour obtenir une huile essentielle à partir de l’alambic, on place dans sa cuve la plante ou la partie de plante récoltée à bonne maturité (feuilles, écorces, fleurs, etc…) dans laquelle passera un courant de vapeur d’eau chaude, qui entraînera avec lui les huiles essentielles, qui elle-même, après son passage dans un condensateur, sera refroidie et récupéré en bout de chaîne, à la surface de l’eau,  dans un encensier nommé vase florentin (je vais faire un schéma). Cette séparation d’huile et eau est appelée décantation.

 

Cela donne :

-          L’eau qui reste après avoir récupérée l’huile essentielle, en contient encore un peu. Elle est appelée petite eau. Elle servira à faire de l’hydrolat ou des eaux florales (eau de roses, eau de bleuet).

-          L’huile essentielle, elle sera filtrée et conservée précieusement dans des petits récipients.

 

Une fois obtenue, l’huile doit être :

-          Conservée au frais, et à l’abri de la lumière.

 

Durée d’une distillation:

1 heure à 4 jours.

 

Rendement :

C’est vaste, mais pour se faire une idée pour expliquer les prix onéreux, les roses donnent 0,02% et le clou de girofle 20%. Cela dépend du taux d’huile essentielle dans la plante et de la partie utilisée. (ex : pour 500 grammes d’HE, il faut 23kg d’eucalyptus, 69kg de lavandes, 250kg de sauge/thym/romarin et 1500kg de pétales de roses. Voilà pourquoi cela est onéreux, sans compter la main d’œuvre, le temps de culture, de cueillette et d’extraction pour si peu d’huiles.

 

Connaître la composition d’une huile :

On utilise la chromatographie pour connaître la composition biochimique (Tout simplement connaître ses propriétés). C’est une méthode séparative qui permet l’identification et le dosage des différents composés d’un mélange et notamment de l’huile essentielle.

A suivre...